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Eberry| Blog de Julien Brionne

STILBRUCH

Je n’ai pas peur du pavé

Bon avant de faire un petit résumé vidéo (ma grande) de la BDS#3, j’aimerais revenir sur une discussion que j’ai eu avec Guillaume de Carpewebem qui était très intéressé par ma ligne éditoriale. Comme vous avez pu remarqué j’ai réussi à trouver ma ligne éditoriale au fil du temps, et en général mes billets se veulent plutôt longs à lire, voyons les avantages et les inconvénients que celà impose, et cherchons des solutions envisageables aux inconvénients.

Pavé

Lors de cette discussion avec Guillaume, il m’a avoué qu’il avait souvent peur de faire des pavés pour ses articles, de peur de ne pas être lu. A ça je lui ai répondu qu’il était clair que certains lecteurs ne venaient pas sur les blogs pour ça, je pense par exemple aux adorateurs des podcasteurs qui font dans l’humour. Je ne dis pas que les podcasteurs font du contenu inintéressant, sinon ils ne marcheraient pas. Je dis juste qu’il est rare que Monsieur Dream par exemple nous ponde un pavé, non pas qu’il n’en soit pas capable mais que ce n’est pas dans sa ligne éditoriale et que celà serait même peut être mal vu. Néanmoins il existe aussi des lecteurs qui aiment les articles assez conséquents qui font plus dans la réflexion. (Bordel j’ai l’impression de me mettre en avant par rapport à un type de bloggeurs alors que ce n’est pas du tout là que je veux en venir). Bon soit, ce que je remarque dans le fait d’écrire des articles de fond est le fait d’avoir une communauté différente que celle des podcateurs ou des relayeurs d’info.

Si je regarde mes statistiques, je remarque que mes visites sont particulièrement stables ce qui indique que je fais rarement de gros pic mais ce qui indique aussi que je me casse rarement la gueule. Celà montre que j’ai une petite communauté de lecteurs assidus mais que du coup j’augmente beaucoup moins rapidement que certains autres bloggueurs.

Ce constat fait, il faut du coup savoir ce que l’on recherche lorsque l’on bloggue, soit à percer très rapidement et avoir une communauté avec un noyau d’habitués + quelques infidèles, ou alors un blog ou l’on blog réellement pour soi et qui ne possède que le noyau d’habitués sans les infidèles. Je crois (et là je m’adresse à Guillaume ) qu’il ne faut pas avoir peur du pavé, certe celà fera fuir quelques lecteurs qui ne cherchent pas d’articles longs, mais celà aménera une communauté différente et certainement plus stable.

Une fois de plus j’insiste sur le fait que ce n’est qu’une réflexion sur ce phénomène que je généralise grandement, je ne veux pas que les podcasteurs se sentent infériorisés ou même sans communauté stable (je pense honnêtement que MonsieurDream a les mêmes visiteurs qui reviennent régulièrement sur son blog).

Maintenant que c’est clair pour tout le monde, je dirais objectivement que le pavé fait peur mais fidélise un certain type de lecteur qui rafole de ce genre d’articles. Alors oui du coup nos statistiques augmentent très doucement, mais elles ne chutent que rarement aussi. Je ne pense pas qu’il faille s’arrêter à ce que veut voir tel ou tel public, avant tout le blog est fait pour soi, si l’on désire ne faire que des articles de 800 lignes et bien soit, faisons des articles de 800 lignes. Pour ma part j’ai décidé de faire des articles sur des analyses de phénomène sociaux, ou sur les limites de tel ou tel services, alors ça plait ou ça ne plait pas, mais il faut savoir qu’ il y aura toujours des lecteurs qui seront interessés par votre contenu et d’autres qui se détourneront de vos post.

Nous avons du coup eu une autre discussion avec mistertel et tibo sur des solutions pour rendre plus abordable les pavés textuels. La solution qui a été retenu étant d’offrir le même contenu sous deux formes, l’une textuelle et l’autre sous un format tel que la vidéo ou le son. Bien sur, celà représente deux fois plus de boulot pour le bloggeur mais peut être aussi la possibilité d’attirer un plus large public. Il est par exemple envisageable de faire un article sérieux ponctué d’un peu plus d’humour sous un format audio ou vidéo, ce qui permettra à l’auditeur de continuer à surfer tout en vous écoutant. Nous sommes dans un monde où tout va très vite, si le visiteur n’est pas un afficionado du pavé, il trouvera surement intéressant la possibilité d’accèder à un même contenu sous une forme lui demandant moins d’effort.

Reste tout de même une limite, lorsque nous surfons, nous écoutons moins attentivement l’article qui nous est lu, de ce fait peut survenir une sorte de frustration de la part du bloggueur et surtout de l’auditeur qui aura l’impression d’être passé à coté de l’article. De même, l’avantage du texte est la possibilité de le lire en diagonale, comme je l’ai déjà dit dans un autre article, la vidéo ne permet pas ce parcours rapide du contenu.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais il me semble que c’est un sujet à réfléchir. Pour ma part je pense opter pour le double média (surement la vidéo, vu que j’y ais été invité par Mistertel et Tibo_etc) pour quelques articles vraiment longs.

COMMENTS

Pieroket:

C’est vrai que pour certains la vidéo “parle” beaucoup plus qu’un long texte.
Comme tu le dis, je pense que la meilleure solution c’est un mélange des deux.
Dans ton cas, les articles sont des analyses qui vont certainement inclure des liens, des images et autres, il est donc préférable de les présenter sous forme textuelle.
Pour revenir au problème du “pavé”, il suffit qu’un seul article plaise au visiteur et tu peux être sûr que ce dernier reviendra, peu importe la taille du texte… C’est une question de fidélisation!

TiBo:

AAaaaah très bon. Rase toi quand tu tourne par contre. Question d’éthique, je ne voudrais pas avoir créé un podcasteur barbu :)

p4bl0:

Mon blog n’a vraiment pas de ligne éditoriale : je peux parler de programmation comme de politique en passant par des trucs de ma vie et des posts humourtistiques.

Par contre je vois sur mes stats que plus de 50% de mes visiteurs arrivent via des moteurs de recherche et que les billets les plus visités sont les billets techniques sur de la prog, qui sont forcémment des billets long, sans “contenu multimedia”.

Je pense que cette constatation appuie ton article :-)

Guillaume - Carpe Webem:

Puisque tu jettes le pavé dans la mare, allons-y. En effet, suite à notre discussion, je me suis décidé à publier les articles longs que j’écris. Jusqu’ici, je n’osais pas, ne gardant souvent que des relais d’informations saupoudrés d’opinions personnelles. Rapidement, mais j’y reviendrai à la fin : les articles longs ont deux particularités : au premier abord ils rebutent le lecteur, puis ils impliquent le blogueur dans une vision, voire une prise de position, qui peut contribuer à segmenter, restreindre le lectorat. Deux inconvénients qui peuvent se transformer en forces, comme tu le remarques, akashrine : l’article-pavé fidélise le lecteur, il ne se contente plus de survoler un blog, pour le connaître il faut lire, mais on forme ainsi un noyau de lecteurs solide, une communauté certainement différente. Tout ça, c’est du point de vue de l’impact sur le lectorat. Du point de vue de l’épanouissement du blogueur, c’est encore à deux facettes : d’un côté, cela lui permet de vraiment s’exprimer, et de partager plus en profondeur ses idées avec un lectorat plus proche de lui, mais de l’autre, il peut probablement attendre un bon bout de temps avec que cette communauté ne se forme, période pendant laquelle il sera prompt au découragement devant un faible nombre de visites, et un nombre de commentaires plus faible encore.

En fait, on retombe un peu sur les dilemmes de la maison d’édition papier et de ses auteurs. Si je suis une petite maison d’édition qui veut devenir grande, il faut que donne dans le best-seller, et j’ai une grosse prise de risque, je ne peux pas me permettre de ne pas plaire à mon lectorat en publiant des auteurs marginaux. Pour nous, en caricaturant à l’extrême, ça veut dire amuser, faire du mot-clé, du sensationnel, et éviter les articles qui sont soit difficiles d’accès, soit qui émettent des opinions qui déplaisent. Mais le résultat est un cadeau empoisonné : si je suis devenu une grande maison d’édition de polars, on sera très méfiant si je sors de la poésie. Par contre, si je suis une petite maison d’édition, et si mes ambitions financières sont limitées, je peux me concentrer sur la découverte de perles littéraires chez des auteurs pas (encore) superstars, et petit à petit miser sur cette exigence.

Nous autres blogueurs avons un avantage sur l’éditeur papier : l’édition ne nous coûte rien. La seule prise de risque concerne l’impression du lectorat, la réputation du blog dans les différentes régions de la blogosphère. Mais ce n’est pas rien. Pour un blog spécialisé, qui s’impose un thème précis, qui peut avoir plusieurs contributeurs, j’ai envie de dire qu’il suffit de définir une bonne fois la ligne éditoriale. Pour un blog personnel, ça se complique. Même si un blog a sa spécialité, du high-tech à la cuisine en passant par la course automobile ou la mode, la blogueuse, le blogueur, n’a pas toujours l’inspiration, la matière ou la tête pour traiter de son sujet de prédilection sous la forme habituelle. Il a donc le choix entre diminuer sa fréquence de publication, en attendant de retrouver la baraka, ou bloguer différemment.

Mais qu’attend le lecteur lambda, celui qui arrive par un presque hasard ? Il aime s’y retrouver, et il s’habitue très vite. Il se fait même souvent son impression sur deux ou trois articles vus en une d’un blog au détour d’un surf. S’il tombe pendant une période de baisse de forme du blogueur, il ne reviendra peut-être pas. Alors que l’habitué, celui du noyau dur d’un blog, apprécie non pas un article par-ci par-là, mais la façon qu’a l’auteur d’aborder les sujets, son écriture, voire le personnage lui-même.

L’idéal pour la notoriété, c’est d’attirer une foule des premiers, et de constituer une importante communauté des seconds. Mais ça demande une discipline particulière, on l’a vu ci-dessus, pas forcément aisée à s’imposer. Et on ne peut de toute façon pas satisfaire tous les critères. Etre à la fois profond et léger, en même temps s’interroger et être populaire. En fait, on obtient, et cela se produit naturellement, la communauté d’habitués que l’on a forgé par ses billets.

Tout cela relève du style et de la ligne éditoriale, plus ou moins indépendamment de la forme des billets. Les pavés sont une forme possible. Le point négatif, c’est que par leur aspect rebutant, ils opèrent une sélection dans le lectorat. Le point positif, c’est qu’ils permettent de vraiment expliciter, détailler des idées, construire un argument. C’est un choix, que je n’hésite pas à faire lorsque je trouve que c’est nécessaire. Pour autant, certains billets n’en auront pas besoin, comme les petits délires, ou les relais d’info, les clins d’oeils à d’autres camarades de la blogosphère, et j’en oublie.

Quant à la transformation ou au doublage des pavés textuels par un enregistrement audio ou vidéo, je pense que c’est une pratique très intéressante, que nous devrions tester pour voir si ça marche et s’il faut la développer. Je tente l’expérience, qu’en pensez-vous ?

(Ce commentaire est si long, que j’en fais un billet chez moi, avec la vidéo qui correspond ;-))

pwet:

Je conclurais par “sous les pavés, la plage”…

Plus serieusement, j’aurai tendance à dire qu’un texte long, c’est pas bien génant si 1) c’est intéressant et bien construit (le mec ne tourne pas en rond, etc…) et 2) si c’est bien présenté (bien aéré, bien indenté, etc…)

Pour ce qui est de la vidéo, je pige pas bien l’intérêt. Dans le cas d’un texte long je veux dire. On va voir un mec devant sa webcam papoter… super. Dans le cas d’une vidéo drôle ou autre, ok mais là…

Et comme le dit ce cher Pieroket, un article qui propose des liens, ou du contenu externe, la vidéo est vite dépassée. (A quand un outil vidéo permettant de proposer des liens cliquables?)

Et pis j’ai pas envie de voir ta gueule non plus :)

Julien Brionne:

En effet, je voyais plus une vidéo plus légère que la redit de l’article. Néanmoins tu fais partis de ceux que le pavé ne dérange pas, mais il en existe d’autre que celà dérange, il faut aussi penser à eux ^^
Et ma gueule est très belle voyons ^^

pwet:

Meeeuh vi t’es tout beau :D

Wé c’est sur que le pavé peut faire peur, mais ce que je voulais dire c’est que pour moi la vidéo n’était pas l’alternative au pavé. Il s’agit de 2 choses bien à part.

Enfin ça ne répond pas à la question “comment éviter le pavé et quoi faire pour le rendre supportable?”.

Le Piaf Fou:

Hello ^^

Le fait que tu dises vouloir faire des analyses sociologiques me fait un peu tiquer, je ne sais pas trop comment m’expliquer comme ça à froid et je ne voudrais pas te vexer, le mieux serais que je t’explique ce que j’en pense de vive voix…

Bref, je trouve que tu as parfois tendance à enfoncer des portes ouvertes ou que tes analyses sont un peu cousues de fil blanc ;)
En un mot, si tu veux faire de réelles analyses socio (car la socio c’est une science et pas juste un mot qui claque hein) : documentes-toi ! Tu n’es pas obligé de lire des tonnes de bouquins mais pour citer un exemple précis, tu as récemment écrit un article sur la “communauté djeunes” utilisant Skyrock… Et bien juste quelques chiffres tirés du JdN ou carrément du site Skyrock /Skyrégie au sujet de l’audience réelle de cette commu, et bien je trouve que cela aurait donné beaucoup plus de légitimité et de crédibilité à ton article pour seulement 2min de recherche en plus ;)

Ce n’est qu’une remarque en passant, et je ne voudrait surtout pas passer pour la bêcheuse de service mais je pense quand même que ce genre d’effort est nécessaire si tu veux sortir du lot (ou pas), pas seulement en terme de visites mais aussi de qualité :)

Julien Brionne:

Je ne prétends pas faire des analyses socio poussées, je donne juste ma vision face à différentes réactions sociales devant tel ou tel sujet, j’essaie juste de soulever des questions face au avantages ou limites de tel ou tel phénomène. Après, ce ne sont que mes analyses et surtout mes avis, je ne cherche en aucun cas à aller trop loin dans l’analyse, on me dit déjà que cela demande de la réflexion de lire mes articles, je ne veux pas non plus ecoeurer avec des thèses sociales, je sais que c’est un sujet qui te plait et que tu voudrais que je sois peut être plus pointilleux. J’essaierais de faire plus de rechercher autour du sujet avant de lancer mon avis si tu préfères.
Mais le fait que ce soit des portes ouvertes que je défonce, c’est un peu dur. Je prends vraiment ça comme : “Ton avis est dénué de réflexion” bon je pense pas que c’est là que tu voulais en venir (bah ouais je te connais quand même, je sais bien que c’est dans un but précis que tu me dis tout ça) mais ça fait un peu bizarre à entendre.

Enfin en tout cas, tu aurais pu poster ce commentaire dans le dernier article plutôt que celui ci, je pense que l’on est un peu plus proche de ce que j’avance.

Dans cet article je ne fais que parler du problème d’écrire des pavés. :p

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